Priya Nair fabrique des collages numériques où les dessins animés de son enfance s'échouent dans les paysages du Québec.
Née à Laval et installée dans Villeray, Priya travaille à partir d'images trouvées : captures d'écran de VHS, fonds d'écran d'ordinateur, photos de randonnée prises par sa mère. Elle les superpose jusqu'à ce que la couture reste visible. « Je n'essaie pas de vous faire croire que l'image est vraie, dit-elle. Je cherche le moment où on accepte qu'elle ne l'est pas. » Ses collages circulent d'abord en ligne, où ils vivent une seconde vie en mèmes, avant de revenir imprimés sur le mur d'une exposition.
Soirée Art Bloc au Bâtiment 7, novembre 2025. Photo : Art Bloc.
Le travail commence toujours par un dossier de captures. Priya y accumule pendant des mois des fragments sans lien apparent — un ciel de coucher de soleil trop saturé, un lapin de dessin animé, une rangée d'épinettes — puis les empile jusqu'à ce qu'une image refuse de se défaire. Le montage se fait sans masque ni fondu : les bords restent nets, l'échelle reste fausse, et c'est précisément là que l'image devient drôle, puis un peu triste.
Une image ratée ne meurt pas sur internet. Elle devient un fond d'écran, puis une blague, puis un souvenir.
— Priya NairLe bloc (2025), encre et numérique — affiche commandée par Art Bloc pour Fragments de nous.
Pour Fragments de nous, Art Bloc lui a commandé l'affiche. Priya a laissé le collage de côté et repris l'encre : un bloc isométrique où les lettres du nom deviennent un immeuble, et où chaque habitant fait quelque chose de parfaitement banal — accorder une guitare, arroser une plante, monter dans une échelle. C'était la première fois qu'elle dessinait tout à la main depuis le cégep.
À venir — Frontières Poreuses
En novembre 2026, Priya présentera une série produite pendant l'été : six collages grand format imprimés sur papier journal, collés à même le mur et destinés à se dégrader pendant toute la durée de l'exposition. Les visiteurs pourront en décoller un fragment et le rapporter chez eux.